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21/10/2006

Des "visages pâles" à l'école de Police

Aujourd’hui, nous parlons beaucoup des minorités visibles. Des présentateurs de télévision aux représentants politiques, en passant par la haute fonction publique, la pression est grandissante dans ce domaine. La France doit être représentée à tous les niveaux dans sa diversité. Cela me rappelle qu’André Diligent tenait à se rendre chaque année à l’intronisation des nouvelles promotions de l’école de Police de Roubaix-Hem. Il s’était battu pour que cette école soit implantée dans cette ville où près d’un jeune sur deux appartient justement à cette minorité visible. Raison de plus, de son point de vue, pour qu’ils intègrent l’école de Police près de chez eux. Pour André Diligent, cette affaire était devenue un véritable combat. Les premières années, il voyait défiler les promotions et il me disait doucement : « Encore des blancs, toujours des blancs ». Et en rentrant au bureau, il me dictait une lettre au Ministre de l’Intérieur : « Pour faire suite à notre entretien de ce jour à l’école de Police, je vous confirme tout l’intérêt qu’il y aurait à intégrer des jeunes issus de l’immigration dans vos effectifs ». Et chaque année, il remettait une louche. Finalement, les temps ont changé. J’ai vu l’autre jour sur le plateau de Mireille Dumas un commissaire tout droit venu de la minorité visible. Des jeunes des quartiers en difficulté ont aujourd’hui des droits d’entrée dans de grandes écoles. Des jeunes des quartiers ont intégré l’école de Police. Le combat d’André Diligent n’aura pas été vain dans ce domaine comme dans bien d’autres. Quant au concept de minorité visible, il a quand même quelque chose de choquant. Enfin c’est ce que je pense.

16/10/2006

3 stades sinon rien !

André Diligent racontait très souvent cette histoire d’un autre grand stade, celui du Stadium-Nord à Villeneuve d’Ascq. « En 1971-1972, dans un bel élan communautaire, nous avons décidé de doter la communauté urbaine d’un grand stade, symbole de l’unité ». Et il avait gardé précieusement le procès verbal des séances. Il était prévu que le LOSC y jouerait tous les 15 jours, condition de la rentabilité. Mais expliquait-il encore, comme le LOSC était en seconde division, on lui vota plusieurs années de suite une « généreuse » subvention. « 50 millions d’anciens francs de l’époque » disait-il. « Et on vota même une avance de 150 millions ». Mais André Diligent expliquait comment dès que le stadium fut sur le point d’être achevé, les élus lillois dont l’équipe remontait la pente, répondirent : « Nous ne tenons pas à perdre la taxe sur les spectacles ni les retombées économiques. Nous construisons notre propre stade ! ». Et André Diligent en tirait une conclusion toute personnelle mais emprunte de bon sens pour l’époque : « L’équipement a coûté 20 milliards d’anciens francs en francs constants. C’est exactement le coût de la somme pour résorber les courées ». Il me paraît extrêmement intéressant de rappeler cette réalité de l’époque quelques jours après que le maire actuel de Roubaix ait défendu un projet de lutte contre l’habitat indigne au niveau communautaire et Pierre Mauroy réussi à entraîner très majoritairement les élus communautaires à prendre sérieusement l’option d’un nouveau stade évalué à 180 millions d’euros, à proximité du fameux stadium et en remplacement du désormais stade historique Grimonprez-Jooris, construit à l’époque pour assurer le prestige de l’équipe lilloise. Si comme moi, vous comptez bien, c’est donc bien 3 stades pour le prix d’un dont nous parlons ! Cela valait le coût de remettre tout cela en perspective non ?