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09/09/2006

Nous pouvons toujours entendre André Diligent

Les hommes politiques utilisent (utilisaient) des appareils mécaniques pour travailler au quotidien. C’est ainsi que André Diligent avait fini par disposer avec le temps d’une très belle collection d’enregistreurs de voix. La sienne. Pour dicter une lettre, écrire un livre, laisser des consignes, ces outils s'avéraient indispensables. Au début les appareils étaient relativement volumineux. Avec pédale. Les appareils apparus à la fin de sa vie étaient vraiment plus petits. Avouons que André Diligent avait bien du mal avec son dernier Philips Pocket 398. Ses grandes et vieilles mains s’accommodaient fort mal des très petits boutons et d’une technologie de plus en plus avancée. Le risque majeur : effacer ce qui était dans la boîte. Point commun de toutes ces bandes qui ont traversé l’histoire : ce message de début 123, 1234. 123, 1234. C’est ainsi qu’André Diligent commençait chacune de ces précieuses cassettes avec sa voix rocailleuse, parfois hésitante, souvent rassurante. De ces précieuses boîtes à mots , il y en a des toutes les tailles et de toutes les formes. Grâce à elles, nous pouvons toujours entendre André Diligent. A quand une compile des meilleurs morceaux ?

08/09/2006

"La France d'après" c'est la France du tri permanent !

Depuis des semaines, je m’interroge sérieusement sur ce fameux slogan décliné à chaque apparition de Sarkozy quand il n’est pas Ministre de l’intérieur, c'est-à-dire s’occupant de la France d’aujourd’hui, je parle bien sûr de cette fameuse « France d’après ». Quel slogan ! Abracadabra… Vous allez voir ce que vous allez voir… Je vais vous préparer la France d’après. En fait, il serait plus juste de parler de la France d’après Monsieur Sarkozy et c’est cela qu’il faut analyser pour ne pas se retrouver après demain avec une France que nous ne voulons pas, une France américaine, c'est-à-dire une France moins solidaire, plus libérale, une France du tri permanent. Les quelques propositions déclinées récemment à Marseille visent à permettre à « ceux qui en veulent » de réussir, et décomplexer, voire récompenser ceux qui essayent et qui réussissent. Rétablir un système plus sélectif à l’école, valoriser l’apprentissage technique au même niveau que la formation générale, moins taxer les revenus du travail pour permettre à ceux qui souhaitent travailler plus de gagner plus, créer un compte épargne formation, pour que ceux qui souhaitent progresser dans leur carrière aient accès aux formations continues, développer les formations d’aide à la création d’entreprise à l’université, et les systèmes de crédits pour les entrepreneurs, autant de propositions qui pourraient donner envie si elles n’omettaient de prendre en considération la France telle qu’elle est. En voulant revaloriser le travail et l’effort, ainsi qu’une certaine fierté d’être citoyen français par exemple, Sarkozy propose, d’importer en France un modèle qui a démontré, nous disent les plus zélés « son efficacité économique, permis l’intégration d’innombrables immigrés, ainsi que relancer un ascenseur social largement en panne en France » mais où ceux qui réussissent sont en grande majorité les enfants des privilégiés du système. Oui, ce modèle à n’importer sous aucun prétexte a son revers : ses millions d’exclus, oui millions, dizaines de millions, de refoulés, de « sans voix ». Cette réalité que nous n’acceptons pas dans la France d’aujourd’hui, nous ne l’accepterons pas à fortiori dans la France de demain. La France de demain sera solidaire ou ne sera pas. Ce sera le cœur du débat de l’élection présidentielle que de dire la place que nous voulons donner à cette certaine idée de la solidarité qui fait notre richesse et notre modèle. Le temps n’est pas venu d’en changer mais de l’approfondir. C’est cela la France d’après nous.

07:42 Publié dans 2007 | Lien permanent | Commentaires (4)

05/09/2006

Blocus, quand tu tiens les Libanais

La grande conférence financière de ces derniers jours pour venir en aide au Liban a fait passer au second plan la dure réalité des Libanais. Comme ces bombres à fragmentation d'origine américaine et véritables vestiges de la guerre du Vietnam, attéries au Liban et qui empêchent des milliers de Libanais du sud-Liban de regagner leur village. On compte une personne tuée par jour par ces bombes du passé qui n'auraient jamais dû transiter par le Liban. La preuve est fournie que les Etats-Unis ne sont pas en reste dans cette partie du monde qu'il utilise comme une véritable base arrière de toutes leurs mauvaises conjugaisons. La réalité, c'est aussi ce blocus qui continue. Ma belle-soeur qui était ce week-end en Angleterre pour un colloque m'a raconté le passage obligé par la Jordanie, manière pour Israel de contrôler tous les départs du Liban et de continuer d'imposer son blocus aérien couplé aux blocus terrestre et maritime. Tiens elle m'a aussi raconté comment dans les derniers jours de la guerre, lorsque l'avion israélienne a pilloné les autoroutes toutes neuves qui faisaient encore le lien entre la capitale et le sud, situées à 1 kilomètre de la maison à vol d'oiseau, elle s'est mise à courir dans la maison comme une folle, pensant que c'était tout l'immeuble qui était touché. Cela fait froid dans le dos et cela nous ramène à cette triste réalité: combien d'enfants, d'hommes et de femmes, seront demain atteints de troubles psychologiques sérieux. Car, une chose est sûre, on ne sort pas de telles horreurs indemne. Et pour résoudre ces troubles-là, le milliard d'euros dégagé ces jours-ci ne pourra pas grand-chose. Allez bonne journée...

07:30 Publié dans Liban | Lien permanent | Commentaires (0)

04/09/2006

Un monde de plus en plus dangereux ?

Dans le journal du Monde de LCI, on se relaxe le soir de la lecture des journaux papier du matin. Il n'est pas rare d'entendre Vincent Hervouet, le présentateur clore son émission par un : "Ainsi se termine le journal du monde, ainsi va le monde, un monde de plus en plus dangereux". On venait de voir des images du Liban, du Sri-Lanka. 15 humanitaires venaient d'être tués. L'idée de ce billet me trottait depuis quelques jours et là je suis devant les journaux du matin: "La guérilla maoïste sape le royaume du Népal, l'Afghanistan de Karzaï devient un naroc-Etat, cà c'est pour le Figaro. Dans Libération, on apprend que Al-Zawahiri invite Bush à se convertir ... Ainsi va le monde. Dans la Croix du 29 Août, le quotidien donne la parole à Badaoui Rouhban, spécialiste à l'UNESCO de l'atténuation des effets des catastrophes. Et de livrer cette vérité bonne à rappeler: "Les catastrophes sont le produit des aléas qui touchent les sociétés. La combinaison du phénomène naturel avec l'augmentation de la démographie amplifie les catastrophes et les rend plus dangereuses. L'activité humaine exacerbe notre vulnérabilité"... Sur ce, je vous laisse. Que chacun vaque à ses occupations du jour. A méditer.