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01/10/2006

Candidat à la Présidence

 

Candidat à la Présidence de la République Française. André Diligent racontait parfois cette histoire très sérieuse que lui n’a jamais pris au sérieux, à savoir la volonté de ses amis politiques de le voir briguer la magistrature suprême en 1974. Sa popularité était très forte à cette époque. Un jour de rangement dans le grenier, André Diligent me montre une coupure de France Soir avec le top ten des hommes politiques préférés des Français. André Diligent était second derrière Richard Nixon, élu président des Etats-Unis l’année précédente.Il n’en tirait aucune gloire, ni fierté. Encouragé par ses amis, auteur d’un fameux rapport sur l’ORTF et sa publicité clandestine, André Diligent n’a jamais pris au sérieux ce qui était finalement une proposition tout à fait indécente de son point de vue. Au final, André Diligent aura finalement tout refusé…même une candidature à la Présidence de la République !

23/09/2006

Dossiers envolés !

Bonjour ! C'est samedi et je tente de rester fidèle à ma petite chronique du Week-End en postant un souvenir, une anecdote à propos d'André Diligent. Tiens, dans mon livre "Ne cède jamais", j'évoque ces élus, toujours dans les trains, les avions, les taxis. A propos des avions, je raconterai une prochaine fois comment j'ai un jour accompagné André Diligent en cure dans un "petit coucou". Mais c'est un souvenir en gare de Lille qui me revient ce matin. C'était un vendredi soir, André Diligent m'avait appelé pour venir le rechercher en gare de Lille. Il devait filer après en communauté urbaine et j'avais donc embarqué les deux pavés de dossiers dans le coffre de ma voiture. Je me suis fort imprudement garé à proximité de la gare, certainement en un endroit interdit. Mais je pensais en avoir pour 4 minutes au plus. Je me suis dirigé vers le quai en attendant le patron. J'ai vu descendre des centaines et des centaines de voyageurs. Pas d'André Diligent. Ce n'est qu'au bout de 5 minutes après que tout le monde soit descendu que j'ai vu au loin un vieux monsieur, avec sa canne, avancer péniblement. Il était lessivé, fatigué. Nous avons du mettre plus de 15 minutes pour regagner la voiture. Mais de voiture, il n'y avait plus. De dossiers pour la communauté urbaine non plus. André Diligent ne s'est pas énervé, il était au contraire bien embêté pour moi. Il voulait qu'on aille à deux à la fourrière récupérer la voiture. Après discussion, il regagnait sa maison d'Ascq. Quant à moi, j'arrivais trop tard pour espérer récupérer ma voiture. André Diligent n'est pas retourné en communauté urbaine. Les dossiers étaient envolés ! Il a pu se reposer. CQFD.

15/09/2006

André Diligent n'aimait pas les honneurs

Je continue ma petite rubrique du week-end en racontant des souvenirs d’André Diligent. Il est dans les prérogatives d’un parlementaire de pouvoir s’adresser à un Ministre en exercice pour tenter de faire avancer telle demande de distinction. C’est une chose que de demander la légion d’honneur pour un ancien collègue conseiller général ou maire, ou le président de telle structure, mais je dois dire que André Diligent ne mangeait pas de ce pain là. Non, s’il jugeait devoir intervenir pour une légion d’honneur ou davantage, c’est que le sujet en question le méritait. Il mis ainsi un acharnement tout particulier à défendre la reconnaissance d’un ancien combattant de Roubaix. A chaque nomination ministérielle, sans jamais rien oublier, André Diligent nous demandait de ressortir le dossier de l’intéressé. « On ne relâche pas la pression. Et vous mettez copie à Monsieur le Préfet, sans faute ». Je ne suis pas sûr que l’intéressé eût finalement gain de cause. Au grand regret de notre Cher Sénateur. Nous ne pouvons passer ici sous silence qu'André Diligent la refusa pour lui-même. Il n'aimait pas les honneurs.

09/09/2006

Nous pouvons toujours entendre André Diligent

Les hommes politiques utilisent (utilisaient) des appareils mécaniques pour travailler au quotidien. C’est ainsi que André Diligent avait fini par disposer avec le temps d’une très belle collection d’enregistreurs de voix. La sienne. Pour dicter une lettre, écrire un livre, laisser des consignes, ces outils s'avéraient indispensables. Au début les appareils étaient relativement volumineux. Avec pédale. Les appareils apparus à la fin de sa vie étaient vraiment plus petits. Avouons que André Diligent avait bien du mal avec son dernier Philips Pocket 398. Ses grandes et vieilles mains s’accommodaient fort mal des très petits boutons et d’une technologie de plus en plus avancée. Le risque majeur : effacer ce qui était dans la boîte. Point commun de toutes ces bandes qui ont traversé l’histoire : ce message de début 123, 1234. 123, 1234. C’est ainsi qu’André Diligent commençait chacune de ces précieuses cassettes avec sa voix rocailleuse, parfois hésitante, souvent rassurante. De ces précieuses boîtes à mots , il y en a des toutes les tailles et de toutes les formes. Grâce à elles, nous pouvons toujours entendre André Diligent. A quand une compile des meilleurs morceaux ?

02/09/2006

Chaque week-end, un souvenir sur André Diligent

Hier soir, nous étions à Mouvaux autour de Jacques Barrot, Jean-Pierre Balduyck, Monseigneur Defois, Patrick Delnatte notamment. Le sujet de la soirée était sérieux et passionnant: "Elu chrétien dans un Etat laïc" mais nous y reviendrons un autre jour. En attendant, au sortir de cette soirée, en bavardant avec Jean-Pierre Balduyck, il me raconte une anecdote sur André Diligent. C'était le jour de Noël et il était là seul à la mairie avec son chauffeur. Pris par le travail, il n'avait pas vu Noël arriver. Des anecdotes sur André Diligent, il doit y en avoir des centaines, des milliers. Il est temps de commencer à les répertorier. Tiens je commence avec celle-ci, André Diligent me disant:

 

 

« Mon grand-père a gagné le championnat de Formule 1 »

 

 

 

André Diligent répétait parfois à ses invités qu’il était le descendant de l’inventeur de l’automobile. Puis de manière constante, il rappelait que son grand-père maternel avait gagné le grand prix de formule 1 de Spa-Francorchamps. Il a commencé à nous parler de ce sujet en pleine euphorie internet. Il se disait qu’avec ce « machin », nous devrions être capable de trouver tout ce qu’il voulait. Il mit donc à sa manière à l’épreuve l’essor de la toile. « Je vous demande de mener l’enquête et de me faire un rapport précis ». Telle fut sa commande.

 

 

 

Que savait-il au juste de ce grand-père champion de formule 1 ? Qu’il se prénommait Rossel. Sa profession : ingénieur-constructeur. Domiciliation : 82 rue des sarrazins à Lille. Un document atteste qu’il était présent lors de l’exposition universelle de 1900 à Paris (classe 30, groupe VI). Récompenses obtenues : 1er prix à Spa en 1896, 2ème prix toujours à Spa en 1897. Médaille de bronze de l’automobile club de France en 1898 et la même année médaille d’argent de la société industrielle du Nord.

 

 

 

Notre enquête nous amène à lire sur internet : « Rossel. La Franche-Comté compte un second constructeur automobile, aux côtés de Peugeot. Rossel, un brillant touche-à-tout et dont les voitures ont été comparées aux Mercedes… ». Mais est-ce le même ? Nous retrouvons la piste d’un Rossel dans un ouvrage de Jacques Ickx, « Ainsi naquit l’automobile ». Page 217, on évoque les débuts des transmissions. On apprend ainsi que c’est un dénommé Tenting qui élabore ce qui restera comme la découverte la plus extraordinaire de toute l’histoire de l’automobile. Une commande à pédale (sur laquelle il faut appuyer tout le temps de la marche) rapproche les plateaux et les met en contact avec un troisième, parallèle au volant et dont le déplacement latéral sur son axe modifie la démultiplication au gré du conducteur. J’espère que vous suivez.

 

 

 

Si d’autres constructeurs ont mis en chantier des réalisations plus raisonnables, bien que sans lendemain, on apprend néanmoins que c’est bien un certain Rossel qui à Lille, « achète des châssis à Peugeot, en modifie l’avant-train, les équipe de roues à rayons tangents et y monte un changement de vitesse de son invention, composé de pignons satellites entourant une roue centrale calée sur l’arbre primaire. Une commande très simple a pu dès lors, être disposée immédiatement en dessous du guidon, avec celles du frein et du régulateur. Ce groupement de commandes ne laisse pas de recueillir beaucoup de louanges, mais la production de Rossel ne dépassera pas pour autant six exemplaires en deux ans ». On est encore bien loin de la production en série !

 

 

 

Paris-Bordeaux-Paris. Le lundi 11 juin 1895, au départ au pied de l’Arc de Triomphe, on retrouve une Rossel lilloise parmi les 23 véhicules au départ. Cette course unique en son genre a bien été organisée dans le but de « favoriser le développement des voitures mécaniques ». Annoncée par circulaire dès septembre 1894, les voitures ne sont pas limitées mais les constructeurs ne peuvent pas présenter de voitures de même type et de dimensions similaires. Seules les voitures à quatre places peuvent concourir pour le premier prix. Les changements de conducteurs sont autorisés et dans les cas où les voitures doivent prendre leur force motrice par des accumulateurs disposés le long du parcours, le règlement est précis : « Ils ne pourront être changés que tous les cent kilomètres ». Nous sommes bien dans les débuts des grands prix de voitures même si ici c’est le vélo qui a inspiré l’auto puisque cette course de 1895 n’est rien d’autre que l’aller-retour de la course cycliste Paris-Bordeaux. Tiens, on apprend que sur les 1200 kilomètres du parcours, aucune réparation ne sera possible à l’exception de celle effectuée avec les « ressources emportées ». A un rythme de 20 kilomètres à l’heure en moyenne, la course ( !) devrait prendre moins de 60 heures. Le maximum est fixé à 100 heures par le règlement. Tout cela n’a effrayé personne et pas moins de 46 inscriptions furent enregistrées. 46 à l’inscription mais seulement 23 véhicules au départ dont notre fameuse Rossel lilloise.

 

 

 

Il faudrait retrouver dans les journaux de l’époque la manière dont les premiers journalistes sportifs ont relaté à la fois l’entrain des coureurs et les impressions des spectateurs. Il semble que dans le contexte de l’époque, chaque concurrent faisait figure de vainqueur potentiel. Je parlais des journaux de l’époque. Il semble que les propos des matinaux furent largement empruntés aux publications spécialisées. Bref, toujours est-il que nous ne savons pas grand-chose du périple de la voiture du grand-père Rossel. Les grands se sont illustrés avec des stratégies déjà bien rôdées. On sait ainsi que Peugeot a méthodiquement réparti la distance en 6 tronçons de 200 kilomètres. S’il n’y eut pas de problème pour la Nouvelle d’Amédée Bollée (avec Water-Closet et cuisine embarqués), c’est la Charrette anglaise portant le numéro 5 des époux Lévassor qui emporta l’épreuve. C’est sur cet exploit que se termine ce très beau livre de Jacques Ickx paru aux éditions Lazarus en 1971. Le sport automobile est né ! L’ère des pionniers laissa la place aux réalisateurs.

 

 

 

La suite, nous la connaissons. André Diligent était persuadé que son grand-père avait gagné le grand prix de formule 1 de Spa en Belgique. Au regard du récit de la course Paris-Bordeaux-Paris, on imagine un peu ce qu’a pu être cette course de 1896 pour laquelle il obtint le premier prix. Le brillant touche-à-tout marqua ainsi l’histoire et retint tout l’intérêt de l’un de ses illustres descendants.