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24/04/2007

Diligent, 50 années de combat au centre

André Diligent, 50 ans de combat au centre

Denis Vinckier est le seul élu de la famille centriste à avoir osé. Avant même le commencement d’un début d’indice venant de François Bayrou, le conseiller général de Lomme a affiché ses préférences : il votera Ségolène Royal. Au nom de sa fidélité à André Diligent.


Vinckier, c’est l’héritier. Le porteur du flambeau. Le fils en politique d’un homme qui a marqué cinquante années de centrisme dans la région, et pas seulement à Roubaix, où André Diligent a aussi laissé une empreinte de maire emblématique. Alors, au moment où le centre s’affiche comme il ne l’a jamais fait – « Ma référence, ça restait les 15 % de Lecanuet » –, Denis Vinckier dit qu’il pense beaucoup à André Diligent. « Derrière lui, je suis là, aujourd’hui, pour dire que nos valeurs sont sociales et généreuses. » Il va même plus loin. On jurerait qu’un fond de nostalgie se mêle à ses convictions dans ce regard franc : « Si je votais Sarkozy, je crois qu’André sortirait de sa tombe pour venir me botter les fesses. » Et le voilà qui remonte à l’après-guerre, au temps du MRP où un jeune avocat roubaisien commence un long travail social qui fera de lui l’incarnation des valeurs de son courant. « Ces valeurs sociales historiques, elles ont été mises en oeuvre dans des communes, à la tête desquelles des centristes étaient alliés avec des socialistes ou des gaullistes sociaux. » Il cite Wattrelos, Roubaix, Croix, Wasquehal… « Et ça dure jusqu’à ce que les socialistes se tournent vers le programme commun. » Il laisse un silence, songe toujours à Diligent : « Et ça dure plus à Roubaix qu’ailleurs… » Denis Vinckier raconte volontiers cette visite de François Bayrou au vieux sénateur, un peu avant sa mort, en 2002. Ce jour où, sur son lit de douleur, pas dupe de ce qui l’attendait, Diligent a asséné cette phrase qui a tant bouleversé Bayrou : « Ne cède jamais ! » L’oeil de Vinckier redevient rieur, et sans doute admiratif, aussi : « On peut dire qu’il n’a pas lâché. Il est dans la lignée. Et il continue de penser à cette phrase qu’a maintes fois répétée André : “Être centriste, c’est avoir conscience qu’il y a de la bêtise dans les deux camps”. Comme Diligent, Bayrou propose aux gens des deux camps de ne pas rester à portée de la bêtise. »

Juste un signe
On l’écoute encore parler du vieux Diligent, des convictions auxquelles il s’est accroché jusqu’au bout, « et même par moments, dans un parti droitisé », et son choix finit par se poser comme une évidence, au bout de l’éducation politique qui fut la sienne : «  Après tout cela, avec ce que nous sommes, nous ne pouvons pas rester spectateurs, neutres, devant une candidate sociale et un candidat brutal. » Alors, Denis Vinckier a choisi. Et il le dit. Au nom des cinquante ans de combat d’André Diligent qui, c’est sûr, « aurait aujourd’hui un oeil bienveillant pour Ségolène Royal et une condamnation brutale pour Nicolas Sarkozy ». Mais le conseiller général de Lomme mesure le poids de ses mots, face au silence des autres : « Ce n’est pas une consigne. C’est juste un signe. » •
ÉRIC DUSSART

Voix du Nord - 24 Avril 2007

17:43 Publié dans Diligent André | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : udf, bayrou, 2007

07/03/2007

Stratégie dangereuse ? Bayrou/Roubaix : même combat !

Il ne se passe plus un seul jour sans que les uns ou les autres, de droite ou de gauche, se mettent en coeur à reprendre une vieille rangaine: la stratégie du centre est dangereuse. Force est de constater que les états-majors des deux brontosores de la politique française ont toujours tout fait pour colmater les brèches naissantes dans le mur de Berlin de la politique française. Dans une récente conférence de presse, mon ami Eric Delbende rappelait à juste titre que vu de Lomme: "tout ce qui n'était pas de gauche était de droite" et inversement dans les Weppes: "Tout ce qui n'était pas de droite était fortement suspecté d'être de gauche". Stratégie dangereuse disent-ils ? Il y a certes peu d'expériences réussies dans ce domaine et pour cause, elles demandent du caractère. Une me vient à l'esprit: celle menée par André Diligent sur Roubaix. A la tête d'une vaste bannière "Notre Parti c'est Roubaix", il a érigé la fraternité roubaisienne comme une dimension de la ville par delà toutes les étiquettes et il a relevé Roubaix de la misère et de la crise dans laquelle la ville de 100.000 habitants était empêtrée. Pour gagner ce pari là, il a fédéré les meilleurs de tous les camps. Qui dirait aujourd'hui que cette expérience était inutile ? Personne. C'est le même remède de cheval qu'il faut à la France. Bayrou-Roubaix : même combat ! 

14:00 Publié dans Diligent André | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 2007, udf, bayrou, ps, ump

21/02/2007

Bayrou: tentation non. Espoir, oui !

Bonjour. Ce matin, je fais comme presque chaque matin, je me lève et je regarde 3 minutes mes messages. Je vais aussi sur les sites des autres. Je veux aujourd'hui tordre le cou à cette idée selon laquelle Bayrou serait devenu une (évidemment mauvaise) tentation pour les électeurs de gauche. Tentation, non mais un espoir oui. Je voudrais donner ici quelques raisons profondes. C'est d'abord l'espoir d'une France républicaine rassemblée. J'insiste sur républicaine. Contrairement à ce que on entend ici et là, son discours n'est pas une façade. Comment expliquer dans de telles conditions sa lente et constante progression quand les deux autres candidats entament une lente et constante déperdition de voix. Je ne compte pas les points, je suis au dessus de cela. Mais il faut être objectif, il y a une vague de fond, un mouvement que personne n'avait prévu mais qui était prévisible. Le centrisme existe depuis aussi longtemps que le socialisme et il s'est notamment forgé contre une certaine idée du libéralisme. Le centrisme est un combat contre les idéologies depuis ses origines. Je parle ici de la fin du 19ème siècle. Pas étonnant donc qu'au moment où elles montrent leurs limites, le centrisme renaisse à travers un caractère: Bayrou. J'ajoute qu'historiquement cette famille politique du centre a réussi à réconcilier les catholiques et la République. Oui Bayrou est un pur produit de la République. Son combat c'est la République. Et la République, n'est-ce pas chercher à dépasser les camps de la "vieille politique ? Cette petite note du matin est aussi un clin d'oeil à André Diligent qui a consacré sa vie à ce combat "centriste". Perçu à tort comme un passéiste, il a eu raison de maintenir le flambeau des convictions. Son plus beau témoignage reste ce livre témoignage dédié à la jeunesse: "La Charrue et l'Etoile" paru aux Editions Coprur. A chercher donc, à lire et relire. Allez bonne journée !

23/01/2007

Confidences (La voix du Nord - 23 Janvier 2007)

André Diligent, la boussole

Dans le Nord, François Bayrou est souvent venu chercher appui auprès d’André Diligent, l’ancien maire emblématique de Roubaix et inlassable défenseur de la démocratie chrétienne.

En avril 2000, quand il reçoit le manuscrit du dernier livre de son aîné, La charrue et l’étoile, Bayrou se fend d’une lettre vibrante. « J’ai refait avec toi, dans tes pas, le chemin de notre histoire. C’est une étrange et profonde épreuve de vérité ». Ses mots enferment mal une émotion personnelle qui cherche à déborder et butent au passage sur un trait d’histoire qui chagrine encore les deux hommes   : « Je partage, tu le sais, le grand regret ou la grande interrogation de ton livre. La rupture avec de Gaulle nous a privés de donner un autre visage à la fin du XXe siècle français et européen »…

Denis Vinckier, sans doute le plus proche des derniers collaborateurs d’André Diligent, cerne les sentiments qui unissent les deux hommes : «Longtemps, André a observé François. Je me souviens d’une journée à Maubeuge, en 1997, au cours de laquelle Diligent avait été plutôt discret. Presque muet. Il regardait, il écoutait. Et puis, à la fin, il lui a dit, déjà, cette phrase qu’il lui répétera en 2002, juste avant de mourir : “Ne cède jamais”. Alors, Bayrou a répondu : “Tu peux compter sur moi, c’est le combat de notre vie !” Mais cela ne suffisait pas pour André. Je le revois, déjà avec sa canne, attraper le bras de François et marteler : “Tu me le promets ?”. » Pour Denis Vinckier – qui a fait de cette phrase le titre de son livre – « Diligent était une sorte de boussole, pour Bayrou. D’ailleurs, chaque fois qu’il avait besoin de solidité, il venait ici, où il a toujours dit qu’il trouvait des militants authentiques. » Et le conseiller général de Lomme parle d’une « forme d’humanisme politique » qui s’est transmise entre les deux hommes.

En 2002, juste avant la mort de l’ancien maire de Roubaix, Bayrou vient le voir chez lui. Diligent lui répète : « Ne cède jamais ! » Quand Bayrou sort de la pièce, il tombe sur la nièce de Diligent. Elle est le seul témoin de son état : « Il était bouleversé. Il venait de prendre conscience qu’il ne verrait plus André vivant. Juste avant de partir, il m’a dit : “S’il vous plaît, vous lui direz que je l’aime. Je n’ai pas su lui dire”… » • 

ÉRIC DUSSART

05/01/2007

Anne Diligent ( 1951 - 2006 )

 L’enfant et ses mystères.

 

Toutes celles tous ceux qui ont côtoyé, entouré, aimé des enfants comme Nanou savent que c’est en se donnant de la peine pendant des mois et des années pour essayer de les comprendre, que l’on trouve chez eux bien plus de ressources, bien plus de profondes résonances que l’on aurait pu seulement l’imaginer.

 

En retour et depuis sa naissance, Nanou a su aimer d’instinct et elle a su créer autour d’elle en permanence des atmosphères privilégiées. Qu’il s’agissait de ses parents, d’Irma sa nounou, de ses cousines et cousins, de ses oncles et tantes, des éducateurs des lauriers, de toutes ses amies, de toutes celles et ceux avec qui elle passait du temps ou juste quelques instants, Nanou savait créer des ambiances particulières. Elle savait donner à chacun des parts de bonheur. Un don de Nanou.

 

Dès son enfance, Nanou est volontaire.

 

A 5 ans, elle reconnaît toutes sortes d’objets usuels : des chaussures, une serviette, un ramasse-poussière. Elle ne sait pas manger seule mais elle commence à boire seule. Elle se sert de ses mains et surtout de ses pouces. Elle était attaché à son chien " Boby " qu’elle a appelé par son nom dès le 3ème jour et son grand plaisir était de l’imiter. Elle aimait mordre, une habitude qu’elle n’avait jamais vraiment perdue.

 

Très jeune, Nanou reconnaissait les routes qu’elle parcourait avec les uns et les autres. Sa cousine Pascale qui l’a accompagnée au quotidien pendant 25 années, avait en permanence à côté d’elle bien plus qu’une compagnie : un très sérieux co-pilote qui goûtait intensément à ces moments de grande liberté.

 

Nanou avait ses objets fétiches. Elle promenait toujours avec quelque chose à montrer, soucieuse d’attirer l’attention, d’entrer en relation.

 

Nanou savait qu’elle faisait rire en faisant certaines mimiques et elle ne faiblissait jamais. Il n’y avait que son père pour la stopper net dans un grand : " Nanou, si tu continues comme ça, je pars à Paris ". Nanou aimait les plaisanteries, les farces. Elle aimait rire de bon cœur.

 

Nanou aimait la musique et elle jouait du tambourin. Nanou avait son propre vocabulaire et il existe un dictionnaire " Nanou ", unique en son genre et qui répertorie notamment la liste des surnoms de ceux qu’elle aimait tant.

 

Nanou aimait le repos de la mer d’Ambleteuse, elle aimait les vacances. Elle envoyait toujours une carte à sa famille et à ses amies.

 

Nanou était profondément humaine mais la nature est parfois rebelle.

 

Son handicap l’amenait à des examens médicaux fréquents. Tous les examens de la tête aux pieds sont difficiles, non pas pour Nanou mais pour les médecins eux-mêmes. Hospitalisée à plusieurs reprises, c’était toujours salutaire et la mention des spécialistes à l’égard du médecin traitant était invariable : " Je la rends à votre surveillance et à vos bons soins ".

 

Tous les traitements faisaient l’objet d’un suivi attentif comme l’attestent les notes médicales comme celle-ci datant de 1990, signée Michel Ribet : " L’entourage familial et celui des Lauriers est considéré comme très attentif et il n’y a pas lieu de croire qu’il y aura détérioration dans l’avenir dans la mesure où les conditions extérieures ne seront pas bouleversées ".

 

L’équilibre de Nanou a longtemps tenu dans ce rapport de confiance entre parents, médecins, équipes éducatives des Lauriers.

 

Nanou a ainsi eu une paire de médecins traitants parmi lesquels le dévoué Docteur Plisson mais aussi nombre de kinésithérapeutes. Elle avait ces derniers temps beaucoup de mal à marcher. Ses jambes lui faisaient mal mais elle était pleine d’entrain quand il s’agissait d’aller rencontrer les jeunes médecins gériatres des Bâteliers à Lille. Aux médecins et équipes en tous genres, elle savait aussi donner. Dernièrement, elle s’était attiré la sympathie des auxiliaires de vie qui venaient chaque matin pour sa toilette.

 

Les conditions extérieures dont parlait la note de 1990 ont été bouleversées par le départ de son père en 2002 et puis par ceux de sa Tati Denise et son Tonton Alain qu’elle affectionnait beaucoup. Elle savait leur faire la fête et ce sont ces moments de fête qui lui ont inévitablement manqué ces dernières années.

 

Car si les résidantes ont besoin des résidantes, Nanou a su trouver sa place au foyer Les lauriers où elle avait ses nombreuses amies dont Marie-France. Nanou, elle, attendait de pouvoir rejoindre un petit foyer de vie au sein de la structure " Les Lauriers ". Nanou vieillissait mais il était permis de penser qu’elle pouvait envisager une retraite plus paisible, entrevoir une fin de vie plus apaisée. Mais le cœur, la tête, les jambes, tout cela devenait lourd à porter. Vieillir c’est difficile pour tout le monde mais c’était jusqu’à présent interdit aux enfants comme Nanou. Nanou n’aura pas connu cette période de la vie mais d’autres la connaîtront. C’est pour eux que beaucoup d’entre-vous qui êtes réunis aujourd’hui se battent au quotidien et soyez en les uns et les autres vivement remerciés.

 

Mais les résidantes ont aussi besoin des adultes, de repères. Nanou était la seule enfant vivante de Danielle et André Diligent. Leur amour pour Anne était immense et celles et ceux qui ont connu les époux Diligent savent ce que le mot immense peut vouloir dire. L’amour était leur baguette magique devant quoi tout cède : l’impatience, l’irritation, la fatigue et la souffrance même. Anne, tu as bénéficié d’un amour immense de tes parents que tu retrouves maintenant.