28/05/2008

Interview de Michel Aoun à L'Orient le Jour

1607435621.jpgLe général Michel Aoun apparaît aujourd’hui apaisé. Maintenant que le spectre de la présidence est écarté, il se sent soulagé d’un grand poids. Il affirme d’ailleurs avoir toujours été un homme libre, refusant la présidence lorsqu’elle lui était offerte sur un plateau, pour rester en harmonie avec ses idées et ses convictions. Aujourd’hui, il précise qu’il a tenu la promesse faite aux chrétiens. Et c’est à ces derniers, désormais, d’assumer leurs responsabilités. Détendu, il répond à toutes les questions avec toutefois une pointe de sarcasme. Il a beau déclarer s’élever au-dessus des critiques, il n’en conserve pas moins son ironie et son sens des formules. Il relève ainsi que l’élection présidentielle a réuni « l’axe du mal et celui du bien », et il conclut en affirmant que la finale de la partie se jouera en 2009.

Q - Comment vous sentez-vous après la fin du rêve de la présidence ?

R - « Je n’ai jamais eu ce rêve, n’en déplaise à certains médias. Je ne cherche d’ailleurs pas à convaincre de cela. L’essentiel étant que j’en sois convaincu moi-même. J’ai toujours agi selon mes convictions et j’ai refusé à trois reprises la présidence lorsqu’elle m’avait été proposée, notamment lorsqu’on voulait me donner la présidence sans la République. Sarkis Naoum l’a écrit dans son livre, lorsqu’il a relaté comment l’ancien président syrien Hafez el-Assad avait affirmé à Rafic Hariri qu’il n’avait pas d’inconvénient à ce que je sois élu à la présidence du Liban. Ce dernier lui avait même demandé s’il pouvait me rapporter ces propos en le citant. Et la réponse était venue affirmative. Les propos m’ont été rapportés et j’ai demandé : “On me donne la présidence, mais à qui donne-t-on la République ?” Quelques jours plus tard, c’était la guerre de libération, le 14 mars 1989...
La deuxième fois, j’ai renoncé à la présidence lorsque l’ancien ambassadeur des États-Unis Jeffrey Feltman me l’a offerte à condition que je brise mon entente avec le Hezbollah. Enfin, je l’ai encore une fois refusée lorsque, à la demande du président français Nicolas Sarkozy et de plusieurs ambassadeurs européens, j’ai renoncé à la présidence en contrepartie de mon initiative qui consistait à accepter mes revendications de réformes et à élire un président consensuel. On m’avait même alors suggéré d’être “le faiseur de rois, non le roi”. »

Q - Avez-vous des regrets ?

R - « Non, j’ai réalisé ce que je voulais. Il aurait sans doute pu y avoir un président plus fort et une plus grande harmonie entre mon bloc parlementaire et la présidence. Celle-ci peut encore se réaliser, mais elle dépend aujourd’hui de deux volontés, non d’une seule... »

Q - Quelles relations entretiendrez-vous avec le président Sleimane ?

R - « Quand on tient à la République, on tient aussi à la présidence. »

Q - Mais, selon les premières informations, le président compte se constituer un bloc parlementaire, en application d’ailleurs de votre propre théorie. N’y aura-t-il pas de rivalité entre vous ?

R - « Vous faites ainsi un procès d’intentions. Je suis parvenu à libérer la voix des chrétiens dans les élections législatives. Maintenant, ils doivent assumer leurs responsabilités et faire leur choix. À mon avis, ils doivent se soucier de rester unis pour former un important bloc parlementaire qui leur redonnera un rôle considérable dans la reconstruction du pouvoir. Par contre, ceux qui cherchent à les diviser veulent maintenir la situation actuelle et les laisser marginalisés. Si les chrétiens n’agissent pas en conséquence, ils laisseront passer une chance historique et se seront montrés incapables d’assumer leurs responsabilités. Je le dis sans le moindre embarras. J’ai fait de mon mieux pour eux. Ils doivent maintenant agir eux-mêmes. »

Q - Y a-t-il eu des arrangements discrets sur ces sujets entre vous et le président Sleimane ?

R - « Je n’ai conclu aucun arrangement avec qui que ce soit. J’ai donné gratuitement. Ce n’est pas avec des transactions commerciales que se bâtissent les nations, mais avec un don de soi et le respect des responsabilités de la part de ceux qui exercent un pouvoir moral ou effectif. »

Q - N’est-ce pas idéaliste pour un homme qui a une si longue expérience dans la politique ?

R - « Je suis idéaliste. Ceux qui ne le sont pas ne peuvent pas accomplir de grandes missions. Rappelez-vous que les “messages messianiques passent par la croix”. »

Q - Ne craignez-vous que le président ne réduise votre popularité ?

R - « Non, pas du tout. Je n’ai peur de rien ni pour rien. Je suis resté le même homme avec les mêmes convictions. L’équation est simple : si on ne veut pas de moi, on m’écartera à travers les élections. Mais le chantage selon lequel pour rester populaire, je devrais faire telle ou telle chose ne marche pas avec moi. C’est d’ailleurs pour préserver l’intégrité de tous ceux qui m’appuient que je reste ce que je suis. »

Q - Il y a quand même des risques que votre popularité au sein de l’armée baisse…

R - « Ma réussite dans la vie a souvent été causée par la fausse analyse de ma personnalité faite par mes adversaires et leur mauvaise évaluation de la situation réelle. L’armée est à l’image de la société, non le contraire. Ce n’est pas une force spéciale. Elle fait partie du tissu social. Cette équation ne peut être modifiée. »

Q - À Doha, vous étiez visiblement « le » problème ?

R - « Non, j’étais à la base de la solution. J’avais des idées et un projet clairs, connus de tous les Libanais. C’est l’autre partie qui modifiait ses projets et ses priorités. »

Q - Est-il vrai que vous avez reçu des enveloppes pour accepter l’accord ?

R - « En général, on récompense celui qui fait des concessions. Je ne crois pas que ce soit mon cas. »

Q - Certains disent que jusqu’à la fin, vous défendiez l’idée du gouvernement de transition...

R - « Pas du tout. Ce n’est que lorsque nous étions près de l’échec que l’opposition a fait cette proposition. Mais ce n’était pas un projet en soi. »

Q - Avez-vous, comme le disent certains, subi des pressions de la part de vos alliés et de l’Iran ?

R - « La seule pression exercée sur moi l’a été par mes responsabilités nationales. J’ai accepté la solution parce qu’elle est conforme à mes aspirations. Sinon, je ne l’aurais pas fait. Nul ne m’a donc contacté. »

Q - On dit que vos alliés subissaient les pressions iraniennes et qu’ils vous auraient dit : on ne peut plus continuer à vous soutenir ?

R - « Je n’ai pas eu cette impression. Au contraire, la décision m’appartenait et ils me soutenaient. Ils savaient aussi que ce que je demandais était raisonnable. »

Q - Vous avez quand même pris des sunnites, non des chiites, pour donner aux chrétiens ?

R - « Nous avons repris les découpages qui existaient en 1960. Comme à Beyrouth, il n’y avait pas de divisions administratives, nous en avons créé. Nous réclamions au début huit sièges pour les quartiers chrétiens regroupés dans une seule circonscription et nous nous sommes heurtés à l’opposition des FL. Nous avons finalement abouti au compromis que vous connaissez. »

Q - Mais à Baalbeck-Hermel et à Marjeyoun (régions à majorité chiite), la situation est restée la même ?

R - « Ces découpages existaient et les sièges chrétiens dans ces régions font partie du tissu social, comme le siège chiite de Jbeil et celui de Baabda. Alors que ce n’est pas le cas du siège maronite de Tripoli. Plus tard, il faudra sans doute des amendements pour redistribuer les sièges parlementaires. Maintenant, c’est trop compliqué. »

Q - Craignez-vous que le nouveau découpage ne soit pas adopté au Parlement comme prévu ?

R - « Non. L’entente de Doha bénéficie d’un appui international. Elle ne peut pas facilement être remise en cause. »

Q - Sincèrement, vous voyez-vous un jour en train d’appliquer « wilayat el-fakih » ?

R - « Je considère cette question comme une offense. Elle dénote d’un incroyable manque de confiance en soi et d’une réelle méconnaissance de la réalité libanaise. Je ne crois pas que le peuple libanais en soit là. »

Q - En évoquant Doha, les médias occidentaux parlent d’une victoire du Hezbollah, vous accordant le rôle du suiveur ?

R - « Ce n’est pas la première fois que les médias occidentaux évaluent mal la situation. D’ailleurs, c’est une des raisons de l’échec des Occidentaux dans la région. L’opposition était unie et avait les idées claires. C’est pour cela qu’elle a obtenu gain de cause. »

Q - Selon vous, y a-t-il un vainqueur et un vaincu ?

R - « Le Liban a vaincu à travers ceux qui ont défendu son unité nationale. »

Q - Pensez-vous que l’accord de Doha soit fait pour durer ?

R - « Je n’ai pas participé à l’élaboration de beaucoup d’accords. Il y a eu l’entente avec le Hezbollah qui durera longtemps encore et l’accord de Doha. Je crois qu’il sera aussi une réussite, car il ne laisse pas beaucoup de possibilités aux interprétations. Je ne voudrais d’ailleurs pas lier mon nom à un échec. »

Q - Que vous inspire la présence arabe et internationale à la séance d’élection ?

R - « Elle est la preuve de l’appui dont jouit l’accord. Mais le Liban a réuni pendant cette séance l’axe du mal et celui du bien. Ce qui montre bien à quel point les étiquettes de M. Bush sont fausses. »

Q - Croyez-vous que le gouvernement sera formé rapidement ?

R - « Cela dépendra des caprices... »

Q - On dit qu’il y a déjà un problème sur le portefeuille de la Justice, que vous réclamez, alors que la majorité le veut aussi ?

R - « Ce sont des rumeurs Nous ne sommes pas encore entrés dans les détails. »

Q - Avez-vous posé des veto sur certains noms de ministrables ?

R - « Non. Mais nous n’accepterons pas que le gouvernement soit taillé aux mesures de certaines personnes. »

Q - Vous êtes-vous entendus à Doha sur la déclaration ministérielle ?

R - « Non. »

Q - Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

R - « J’ai une bile qui fonctionne bien. Je suis détendu. Dans le contexte actuel, avec un président qui n’a pas beaucoup de prérogatives, il vaut mieux être ailleurs. La finale se jouera en 2009. »

12/12/2007

LIBAN...

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23/11/2007

Liban: message du Docteur HADDAD, Président du CPL

f5343dce8651a071ce00abdb5d9f3ffd.jpgExtrait : "En effet, dans ce monde moderne où le terrorisme s’est taillé une place prépondérante et l’intolérance s’est érigée comme moyen de communication, l’exemple que peut donner le Liban sur la coexistence entre ses différentes composantes devrait prouver que le choc des civilisations n’est pas une fatalité et que les êtres humains, avec un brin d’intelligence et de responsabilité, peuvent vivre ensemble et bâtir, en commun, leur société".

Lire l'intégralité du message

Photo prise en 1997, le Général (au centre) est exilé en France. A droite, mon grand ami Rabih Traboulsi.

20/11/2007

Le 5 octobre 1958 : l'appel de Charles Hélou au Libanais, plaidoyer pour la fraternité

f611964e6b223ebfdfb0b68da004b08d.jpg« La gravité de la situation ? Chacun de nous s’en rend compte. Chacun de nous sait que ce qui est en cause, c’est le destin du Liban, c’est le “vouloir vivre en commun” des Libanais et un ensemble de valeurs qui font que la vie mérite d’être vécue. Les origines du drame et les responsabilités qu’il met en cause ? Ce n’est pas ce problème que je vais maintenant aborder puisque c’est ce problème-là qui ajoute à nos divisions – et, puisqu’à tour de rôle chaque moitié de la population a cru pouvoir s’insurger pour ce qu’elle a considéré comme la défense du Liban. »

Les moyens “d’en sortir”, voilà ce qui doit préoccuper chaque Libanais en ce moment. “En sortir” dignement, équitablement, sans amertume de part ni d’autre, sans esprit ni besoin de revanche. Retrouver la paix comme avant, le travail comme avant, se retrouver comme avant unis et fraternels. Pour “en sortir”, les ressources de ce pays sont immenses. Non point seulement ses ressources économiques (qui s’épuisent moins facilement que ne l’auraient cru bien des experts), mais d’abord et essentiellement ses ressources morales. Malgré les tristesses et les deuils, malgré les excès et les violences, une même volonté de durer et de faire durer cette commune patrie, une volonté de survivre ensemble, venue du plus profond de tous les citoyens, renouvelle chaque matin son œuvre opiniâtre de rapprochement, de conciliation, d’unité.

De cette sagesse et de cet élan qui sont l’élan et la sagesse de la vie elle-même, en face de tous les risques de désagrégation, nous avons chaque jour quelque preuve nouvelle. L’une des plus éloquentes, à mes yeux, est bien celle que viennent de nous donner spontanément les journalistes de toutes tendances en décidant de se rencontrer pour un engagement d’honneur, pour un essai et pour un exemple de réconciliation nationale. On verra, par ailleurs, les modalités de leur accord. Qu’ils aient eu, en même temps, l’idée de laisser l’un de leurs plus anciens confrères, maintenant ministre de l’Information, publier un même éditorial dans tous les journaux d’aujourd’hui montre aussi à quel point, dans les circonstances les plus dramatiques, l’esprit d’abnégation et la plus grande délicatesse peuvent s’épanouir. Je ne voudrais pas abuser de cette liberté qui m’est laissée. Je voudrais seulement dire que ce que les journalistes, en dépit de leurs divergences d’opinion, ont pu réaliser aujourd’hui, le pays tout entier peut le réussir merveilleusement demain.

De part et d’autre, la presse a eu ses martyrs. La rencontre des journalistes n’en est que plus méritoire, plus significative, plus émouvante. Entre Dikran Tosbath et Abdallah Machnouk, entre Georges Ameira du Amal et Assad Mokaddem du Siassat et même, parmi les modérés, entre Ghassan Tuéni, René Aggiouri, Toufic Metni et tous les autres, les représentants du Hayat et du Yom, le pacte qui s’est conclu en présence des présidents des deux syndicats de la presse n’est pas un pacte d’abdication des principes, mais de conciliation et d’apaisement. Une réunion comme celle des journalistes, aujourd’hui, ce sont toutes les fractions du pays qui peuvent, qui doivent la tenir à brève échéance.

Nous sommes, de par notre structure, le pays des divergences inévitables et de l’union nécessaire. Nous n’avons le choix qu’entre la fraternité ou la mort. C’est bien cette conviction commune à tous les Libanais qui explique la dernière élection présidentielle et le choix de l’homme devenu, pour nous tous, le symbole même de l’unité nationale et l’arbitre naturel de nos difficultés et de nos conflits. La réconciliation nationale, qui doit intervenir dans l’ordre, dans la justice et le respect de l’autorité, ne peut être que l’œuvre du compromis politique et de l’arbitrage. »

14/11/2007

Un maire du canton président du CESR...

6a80509d2b0d0de7a3d6f14cefc7b120.jpgOn pense souvent que les maires sont retraités. Ils le sont parfois mais ce que l'on ignore bien souvent, c'est qu'ils ont mené une vie professionnelle et que le mandat de maire, ils l'accomplissent en plus d'activités parfois débordantes. C'est notamment le cas d'un jeune maire du canton qui a été élu hier président du CESR régional. Frédéric Motte a en effet derrière lui deux mandats de maire de Beaucamps-Ligny et encore un devant puisqu'il a annoncé qu'il se représentait. Le CESR qu'il présidera désormais est une assemblée consultative placée auprès du Conseil régional et de son président avec lesquels il forme la Région. Il réunit 113 membres issus du monde économique, social et associatif que l'on identifie comme les "forces vives" de la région Nord-Pas de Calais. Il est ainsi un lieu unique d'échanges et de compréhension mutuelle, un laboratoire d'idées, une force permanente d'analyse et de propositions destinées à éclairer le choix des décideurs politiques. Véritable chambre de réflexion au service de la région, le CESR émet des avis et des rapports sur tout domaine de la vie dans le Nord-Pas de Calais, concourant ainsi à l'administration de la région. Il est obligatoirement saisi par le président du conseil régional pour donner son avis sur le projet de plan régional et son bilan d'exécution annuel, sur les orientations budgétaires et le budget régional, ainsi que sur les orientations générales dans les domaines sur lesquels le conseil régional est appelé à délibérer (éducation, formation, communication, transports.) De plus, une saisine volontaire peut être initiée par le président du conseil régional ou par le préfet de région. Le président du Conseil régional peut saisir le CESR sur tout sujet à caractère économique, social ou culturel, ou l'associer à des instances de concertation. L'initiative du préfet peut concerner des questions relevant de l'action de l'Etat en région ou des questions que le gouvernement souhaite mettre en débat. Depuis la loi du 6 février 1992 relative à l'administration territoriale de la République, le CESR dispose d'un pouvoir d'autosaisine sur toutes les questions entrant dans les compétences de la Région. Le CESR peut être amené à réaliser des missions d'évaluation, en fonction de sujets précis. Au regard de ce cahier des charges, il n'y a pas de doute, notre jeune maire va changer de dimension...en ajoutant une belle corde à son arc. Au delà du fait que Frédéric était dans cette affaire le candidat du MEDEF régional, je suis sûr qu'il fera bénéficier l'institution de son expérience de chef d'entreprise à l'international et aussi de son expérience d'élu local. Ces deux expériences là, au delà des étiquettes est précieuse. C'est certainement là que s'est faite la différence avec les autres candidats, fort respectables. Je n'ai pas de doute que le nouveau président associera toutes les organisations et l'ensemble du CESR dans une vision partagée pour faire entrer le CESR de plein pied dans la modernité !

CESR

22/10/2007

Des espaces verts difficiles à entretenir dans les collèges.

f99ea1caf2f1acad4ecc4a76b4011f23.jpgCe jour, au conseil général, j’ai d'abord pu relayer la forte préoccupation née d’une récente application d’une directive européenne concernant les machines dangereuses dans les SEGPA des collèges. « Ces machines ont souvent fait l’objet de dépenses importantes de la part de la collectivité départementale et … dorénavant les collégiens de SEGPA pourront regarder et seulement regarder les machines. Dans ce contexte nouveau, seul le professeur pourra usiner les pièces ». Je tenais à faire partager cette préoccupation notamment des parents d'élèves mais aussi de toutes les équipes éducatives. Le vice-président Bernard Baudoux, chargé des collèges, a convenu qu’il y avait là une vraie source d’inquiétude pour l’avenir et a demandé à Bernard Derosier, comme parlementaire, de se saisir de la question. J’ai également demandé à ce que des dispositions soient prises pour l’entretien des espaces verts des collèges. « En effet, nous avons de beaux collèges et souvent de grands collèges, avec des espaces paysagers qui embellissent aussi nos quartiers.(Ici photo du collège Jean Zay dans le quartier de la Mitterie à Lomme). Raison de plus pour que nous nous posions bien la question d’un entretien de qualité ». J’ai ainsi expliqué que sur le terrain, « les équipes avaient souvent acheté des matériels performants. Mais les difficultés rencontrées dans le recrutement des contrats aidés laissent augurer d’une pelouse qui croîtra à mesure des désengagements de l’Etat. Et puis, tailler les haies, couper les arbres, c’est devenu un vrai métier ». Sur ce point, le vice-président Baudoux a précisé « qu’il travaillait à la question. Dans le cadre du transfert des TOS, on pourrait envisager que des équipes EMOP puissent tourner et se professionnaliser ». J’ai enfin pointé du doigt d’autres points sur lesquels nous devrons débattre : les moyens de l’accueil dans les collèges, l’avenir de la technologie, la place des personnels médico-sociaux dans les établissements.

 

 

Guy Môquet

cf71e1394ea00c7dcb68e712ed56768c.jpg« Nous obliger à parachuter en plein cours un savoir sur un seul et unique personnage, sorti de son contexte, c'est manquer de respect à notre métier » : je ne suis pas loin de partager cette observation de Claudie Martens, cosecrétaire générale du SNES. En ce qui me concerne, j'appelle à la rescousse Louis Aragon (voir ci-dessous) et je rappelle qu'il y a toujours lieu de distinguer le devoir de mémoire et le travail de mémoire. (Voir à ce sujet les propos d'Yves Le Maner dans la Voix du Nord de dimanche). Et j'ai, ces jours-ci, comme la drôle de sensation que l'on mélange les deux. Etrangement, volontairement et peut-être dangereusement... non ? 

21/10/2007

Aragon avait dédié "la rose et le réséda"...

à deux communistes et deux chrétiens. Leurs noms: Gabriel Péri, Gilbert Dru, Honoré D'Estienne d'Orves et un certain Guy Môquet dont on va beaucoup parler demain dans les lycées.

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" La Rose et le Réséda "


Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda

Aragon: La rose et le réséda

À propos de « Liban, bonnes à vendre »

8278caeb20564208e144de51a6170e9b.jpgDéformer n’est pas informer
L'article de Maria CHAKHTOURA, dans l'Orient le Jour

Auteur de "Liban, bonnes à vendre", l’un des quatre reportages présentés dans l’émission Envoyé spécial diffusé sur FR 2 jeudi soir 18 octobre, la journaliste Dominique Torrès a voulu choquer, elle s’est révélée choquante. Choquante dans sa façon de conduire un reportage mené, délibérément à sens unique, versant dans la facilité. Choquante dans ses propos truffés de contre-vérités. Choquante dans son approche du sujet ne voyant que d’un seul œil un problème qui gagnerait à être abordé dans sa totalité.

Ce que Mme Torrès a montré est tout à fait exact concernant la maltraitance. Cela existe en effet dans certains cas au Liban comme dans d’autres pays. Mais le commentaire a souffert d’énormes lacunes et erreurs d’appréciation. Notre but n’est pas de développer une liste exhaustive des contradictions et manquements relevés. Mais lorsque la journaliste avance des chiffres très fantaisistes, sans livrer ses sources, le téléspectateur sérieux reste dubitatif. Quid de toute cette partie de la population qu’elle n’évoque pas et qui ne répond nullement à la description donnée dans le reportage, tant du côté des employées que celui des employeurs ?

Dominique Torrès est allée au plus pressé pour faire sensation et servir une cause pour laquelle elle se bat, ce qui est tout à son honneur. Mais elle a sacrifié à la facilité, tombant dans l’excès contraire et condamnant, par conséquent, cette autre partie de la population libanaise respectueuse, elle, des droits comme des devoirs de l’employée et de l’employeur à la fois. Droits pour lesquels, indépendamment de Caritas qui accueille et soulage les « filles maltraitées », des groupes d’avocats, de médecins, d’assistantes sociales, de professeurs d’universités sont engagés à fond.

Dans la situation dramatique que vit le Liban, le moment était mal choisi pour enfoncer le clou avec un sujet présenté superficiellement, partiellement et avec un parti pris pour le moins pernicieux.

L’esclavage moderne ne se situe pas seulement à ce niveau et au Liban exclusivement. Pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour le montrer du doigt. Il se pratique ô combien et sournoisement dans les pays dit civilisés aussi. Alors, de grâce, informons, sans déformer.


18/10/2007

Quand le Grenelle de l’environnement s’intéresse aux causes des cancers

00c49a9ffa5878e8d7a0a9ebeb665c86.jpgIl y a une dizaine d’années, des médecins de Lomme avaient mené une enquête confidentielle…sur un sujet que l’actualité vient replacer au premier plan. Proches de leurs concitoyens, ils avaient osé pointer du doigt l’environnement industriel comme cause probable d’un taux de cancers plus élevé ici qu’ailleurs. Un argument balayé pendant longtemps d’un revers de main par ceux qui ne voyaient dans ce taux anormal que la conséquence des mauvaises habitudes alimentaires quand ce n’était pas la faute à des boissons trop alcoolisées. Personne n’a jamais écarté ces derniers facteurs mais voilà, il ne pouvait y avoir que cela. C’est l’Institut national de veille sanitaire qui a rendu récemment un rapport alarmant sur l’incidence des cancers apparus à proximité des incinérateurs entre 1990 et 1999. Bien sûr, il faut continuer à faire la part des choses mais ne plus se voiler la face. Etre dans un périmètre Seveso, avoir été pendant longtemps dans le périmètre d’une usine d’incinération, être dans le périmètre direct d’usines industrielles polluantes (photo prise au Marais de Lomme), ce n’est pas anodin. Cela l’est d’autant moins que l’on entend dire « qu’une expérimentation est en cours sur Lille, mais les experts estiment que cela ne représente qu’à peine 5% de ce qui devrait être fait ». Cela c’est pour la partie haute de l’iceberg. En dessous du niveau, côté habitants, certains commencent à se renseigner pour faire des études de sol. Cela coûte entre 100 et 400 euros. C’est cher, encore trop cher pour découvrir la réalité. Laquelle ? Que les terrains sont pollués, trop pollués. Que des personnes aujourd’hui décédées le doivent à ce passé industriel. L’important aujourd’hui, c’est qu’on en parle. Mais il faudra agir. D’abord en mobilisant les médecins sur cet enjeu de santé publique, en aidant les habitants et les associations locales dans leur exigence de transparence et en posant clairement une nouvelle équation pour l’avenir, en ouvrant les yeux sur les extensions industrielles.